Le thème de l’édition

Le thème proposé dans le cadre du 32e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul abordera de multiples façons la question du TEMPS.

Le temps est un élément essentiel de notre vie. Nous le vivons, nous en tenons compte et nous sommes soumis à son implacable mouvement. Le temps est une composante importante pour tout ce qui concerne l’activité humaine. Nous nous situons, ainsi que nos actions, sur l’échelle du temps. Nos pas suivent un chemin ayant un début et une fin. De la naissance à la mort, nous meublons le temps, nous le façonnons à notre image. Le temps roule et se déroule en parallèle à notre vie. Le temps est aussi celui qui nous poursuit et qui nous mène à notre
« implacable destin ».

Le temps dans l’art

Les artistes de toutes les époques se sont intéressés à la question du temps. Prenons seulement l’art de peindre comme exemple. Quoi de plus lent, de plus séparé du temps circulant,que cette volonté d’arrêter le monde et de le rendre autrement selon un processus spécifique. Les artistes sont les capteurs de forces en mouvement. D’une manière paradoxale, ce sont eux qui veulent arrêter le temps, le fixer en une image synthétique, sorte de calque imaginaire du monde dans lequel nous vivons. En art, le temps est long ; il n’y a pas de court-circuit possible. Chaque geste, chaque intervention résultent de choix qui se présentent, l’un à la suite de l’autre, en une séquence qui se construit à même la matière-temps. En art, le temps peut être un lieu ou un espace où se développent des manières d’être, des manières de faire, de créer.

Temps divers

Voici quelques réflexions qui portent sur les diverses façons d’aborder la question du temps en art. Il s’agit ici de quelques exemples de pratiques qui « explorent » cette question :

  1. Une pratique de l’instantanéité, où l’improvisation est un élément moteur et constituant ;
  2. Une pratique qui se déroule dans le temps et dont l’exécution lente et appliquée tient compte du temps comme partie constituante du travail ;
  3. Une pratique de l’événementiel, incluant des actes performatifs se déroulant dans un temps fini ou non ;
  4. Une pratique « climatique » qui voit le temps essentiellement comme un climat, une atmosphère, un état fixe ou mouvant ;
  5. Une pratique qui pose le mouvement comme élément fonctionnel premier ;
  6. Une pratique qui se sert des symboles spécifiques liés à la notion de temps ;
  7. Une pratique de l’éphémère qui utilise des matériaux non permanents, fragiles et friables.
  8. Une pratique qui utilise la répétition comme élément constituant ;
  9. Une pratique qui favorise un processus inscrit dans le temps, sans accorder une importance à une finalité quelconque ;
  10. Une pratique in situ qui tient compte de la nature des lieux, de leur mouvance et de leur perméabilité ;
  11. Une pratique essentiellement liée aux humeurs, aux liens établis entre l’artiste et le public dans une sorte de chorégraphie relationnelle ;
  12. Une pratique qui met en scène l’écriture comme élément de stratégie dans le cadre d’un travail en art visuel.